La Rome Républicaine (-509 à -27)

En-509 on passe donc de la Royauté à la République. Les rois sont remplacés par deux magistrats, préteurs puis consuls.

 Les cadres de la société

Comme toutes les sociétés antiques, la société romaine est fondée sur l’inégalité. Sous la République, la hiérarchie sociale se fonde sur la fortune et l’ancienne distinction patriciens plébéiens n’a plus qu’une valeur religieuse. Patriciens et plébéiens riches s’entendent au détriment des plébéiens pauvres.
Le droit de cité, comme en Grèce, demeure un privilège ; et, sous la République, la masse des non-citoyens (affranchis, esclaves) entoure une minorité de citoyens (patriciens et plébéiens). Il y a donc deux catégories de personnes :

LES NONS- CITOYENS

*les esclaves (servi) :
hommes non libres. L’esclave est une chose (res). Il est soit de naissance, soit parce que prisonnier de guerre, soit parce que déchu de son droit de citoyen par la justice. Les enfants d’esclaves sont esclaves à leur tour. Les esclaves d’un même maître appartiennent à la familia (ensemble des personnes vivant dans la même maison)
*les affranchis : esclaves qui ont obtenu leur liberté (l’ont rachetée, obtenue par testament…). Le maître qui affranchit l’esclave reste le patron de celui-ci. L’esclave devient un libertus, il prend le praenomen (prénom) et le nomen (nom) de son patron et garde comme cognomen (surnom) son nom d’esclave. Les esclaves affranchis portent un pileus (bonnet de Phrygie).L’affranchi n’est pas pour autant un citoyen à part entière, il faut attendre la 2nde ou 3ème génération pour que les descendants d’un ancien esclave deviennent de vrais citoyens.


LES CITOYENS
Les citoyens constituent le populus Romanus et portent le nom de Quirites

Est citoyen tout homme libre (patricien ou plébéien) né d’un père citoyen. Cependant, même si l’on a la chance d’être né homme libre et citoyen, on est peu de chose si l’on n’a pas « du bien ». La société romaine est très hiérarchisée. Elle se divise en 5 classes, elles-mêmes divisées en centuries.
1- La première classe regroupe les citoyens les plus riches : les equites
  (riche bourgeoisie qui s’adonne aux affaires), les sénateurs et les nobilitas (patriciens ou plébéiens dont un ancêtre a exercé une magistrature qui s’adonne à la politique).
2- Peu d’hommes libres de naissance exercent un vrai métier, car il est mal vu à Rome qu’un citoyen travaille, surtout de ses mains. La plupart préfèrent rester oisifs et se mettent au service d’un citoyen plus puissant, qui les aide à subvenir à leurs besoins en devenant leur patron.

les organes du gouvernement

La constitution de la République romaine repose sur l’équilibre de 3 organes politiques qui se contrôlent mutuellement : les magistrats (pouvoir monarchique), le sénat (pouvoir aristocratique), l’assemblée du peuple : les comices (pouvoir démocratique).

LES MAGISTRATS (élus pour un an)
Caractères généraux des magistratures
Pour les romains le magistrat est celui qui est magis (qui est plus). Ils peuvent se présenter successivement à différentes charges (mais pas quand ils sont en charge). Les magistrats représentent le pouvoir exécutif. Ils sont inviolables. Ils sont revêtus de pouvoirs à la fois politiques et religieux, en effet, à Rome la religion n’est pas séparée du pouvoir. Sur le plan politique, les magistrats jouissent de la potestas (pouvoir administratif), mais seuls les magistrats supérieurs jouissent de l’imperium (droit de vie et de mort). Sur le plan religieux, tous les magistrats ont le droit d’auspices mais les uns ont le jus auspiciorum majorum, qui leur permet de prendre les auspices en tout lieu ; les autres n’ont que le jus auspiciorum minorum, valable seulement à Rome. Chaque magistrat possède le jus intercessionis : opposition aux propositions d’un magistrat de rang inférieur. Le magistrat ne peut être seul en charge, ils sont au moins deux, sauf en cas de dictature. Ils se contrôlent mutuellement.
Magistratures patriciennes et plébéiennes

A l’origine, on distingue magistratures patriciennes et plébéiennes. Puis la distinction fut supprimée, lorsque les plébéiens se virent ouvrir toutes les fonctions. En revanche, les patriciens n’eurent jamais accès au tribunat de la plèbe.
Le cursus honorum : carrière des honneurs

Réglé au début du 2nd siècle, il comprend : la questure, l’édilité, la préture, le consulat qui doivent être gérés dans un ordre. Il faut un an de candidature, un an de charge, un an après charge.
*Les questeurs : Les premiers questeurs auraient été d’abord de simples secrétaires des consuls, nommés par ceux-ci.
*Les édiles
*Les préteurs
*Les deux consuls : au roi succèdent deux magistrats, les praetores, nommés par le populus et ratifiés par le sénat. Au milieu du Vème, ces praetores prennent le nom de consules. Ce sont donc les premiers magistrats de la République. Au début de la République, ils sont choisis parmi les patriciens puis, grâce aux lois liciniennes (-367), l’accès du consulat s’ouvre théoriquement aux plébéiens.
Ils sont éponymes : l’année en cours prend leur nom.
Les consuls disposent de certaines marques extérieures symbolisant leur pouvoir : une escorte de 12 licteurs, les faisceaux, la chaise curule et le port de la toga praetexta.
 fonction  âge requis
( variable)
 nombre
(variable)
 charge exercées
 questeur 28 à 31 ans
4 à 40
Chargé des finances, des problèmes de gestion, gardien du trésor et des archives
 édile 31 à 37 ans
4
Administration urbaine (police, voirie, jeux, approvisionnement)
 préteur  34 à 40 ans
 2 à16 La justice, en l'abscence des consuls ils peuvent exercer leur pouvoir
 consul  37 à 43 ans
2
Chef de l’état (président ou 1er ministre). Ils convoquent et président le Sénat, les comices, ils lèvent et commandent les armées
Hors cursus : les deux censeurs
Elus tous les 5 ans parmi les anciens consuls, ils demeurent en charge au maximum 18 mois. Ils font le cens (recensement quinquennal des citoyens et classification d’après le chiffre de fortune), ils recrutent le sénat, surveillent les mœurs.
--> Cette magistrature favorise les conservateurs, il en faut une qui favorise le peuple :

Les tribuns de la plèbe

En 493, la plèbe est au bord de la révolte. C’est pourquoi il y a création des tribuns de la plèbe, pour défendre les intérêts plébéiens contre l’oppression du patriciat. Ils sont assistés de deux édiles.
Obligatoirement plébéiens, ils convoquent les comices tributes et ont le droit de veto (« j’interdis ») contre tous les magistrats (sauf dictateur). Ils se tenaient debout devant la porte du sénat, car ne pouvaient y entrer. Le fait qu’ils écoutent est une garantie de liberté. Ils sont inviolables, ils ont donc une puissance considérable.
La dictature

Magistrature extraordinaire qui peut être accordée pour 6 mois en cas de crise grave.

LES COMICES: ASSEMBLEE ELECTORALES DES CITOYENS

Leur rôle est important puisqu’ils votent les lois et élisent les magistrats. Ils se divisent en :
*Comices curiates : patriciens et plébéiens, mais les patriciens sont prépondérants. Leur pouvoir est affaibli sous la République. Ils ont surtout un rôle religieux.
*Comices centuriates : créées par le roi Servius Tullius au Ve siècle, ces assemblées comprennent presque toute la société romaine, mais le pouvoir appartient aux riches. Les citoyens sont répartis en cinq classes selon leur fortune ; à l’intérieur de chaque classe, ils sont regroupés en centuries (à l’origine 100 citoyens). Mais la première classe compte 18 centuries équestres (classe des chevaliers, les plus riches), plus 70 centuries ; les autres classes comptent 70 centuries. Les citoyens les plus pauvres sont dits « hors-classe ». Les classes votent toujours par centuries, en commençant par la première ; le vote est acquis pratiquement dès que la deuxième ou la troisième classe a voté : les plus pauvres ne votent jamais dans ces comices. Ils élisent les magistrats supérieurs (préteurs, censeurs et consuls), votent certaines lois et les déclarations de guerre. Ils se réunissent au Champ de Mars.

*Comices tributes : constitués de la plèbe, puis du peuple entier, paysans et citadins. C’est un véritable organe de la souveraineté populaire. Ils élisent les tribuns de la plèbe, les questeurs et les édiles, et ils votent la plupart des lois. Ils se réunissent sur le forum.


LE SENAT

C’est la plus haute autorité de la Rome républicaine et le véritable centre de son gouvernement. En face des magistrats renouvelés annuellement, le Sénat représente l’autorité permanente. Il est composé principalement d’anciens magistrats. Avec les comices, c’est lui qui contrôle l’état, comme en témoigne la célèbre formule « Senatus PopulusQue Romanus » (SPQR). A la fin de la république, c’est lui qui défendra le régime.
Convoqué par un magistrat supérieur, il se réunit soit à la Curie sur le forum, soit dans tout autre templum dont les portes restent ouvertes. Le président de la séance est le magistrat qui l’a convoqué.
On le consulte en toute matière. Il a la surveillance de la religion nationale, il a la gestion totale des finances (vote des dépenses) avec l’aide des questeurs, responsables devant lui. Il dirige la politique extérieure, désigne et reçoit les ambassadeurs. Il s’occupe des effectifs et des commandements militaires (dont il contrôle les opérations), de l’organisation et du gouvernement des provinces. Il décrète les mesures de salut public (comme l’état de siège).

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Claire Lejoyeux,
4 févr. 2012 à 05:41
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